mardi 27 octobre 2015

Castanéiculture : la lutte contre le Cynips porte ses premiers fruits

Mercredi les représentants de la filière castanéicole ont fait un point sur l'évolution de la production. Dans le Nebbiu, une des premières régions touchées  les producteurs commencent à remarquer une amélioration grâce aux lâchers de Torymus, prédateur naturel du Cynips.


ILLUSTRATION - La châtaigneraie corse se relève doucement de l'attaque du Cynips © CHRISTIAN GIUGLIANO / FTVIASTELLA
© CHRISTIAN GIUGLIANO / FTVIASTELLA ILLUSTRATION - La châtaigneraie corse se relève doucement de l'attaque du Cynips


Le cynips du châtaignier est une micro guèpe d'origine chinoise. L'insecte est en Europe depuis 2000 et a fait son appartition en France en 2005, selon l'Institut National de Recherche Agronomique (INRA).

La maladie touche la châtaigneraie corse depuis 2011. La seule méthode efficace est la lutte biologique au moyen d’une autre micro guêpe chinoise, la Torymus sinensis.


Extension des foyers de cynips du châtaignier en France (2007 à 2013) © INRA / http://bit.ly/1ZFmlBT
© INRA / http://bit.ly/1ZFmlBT Extension des foyers de cynips du châtaignier en France (2007 à 2013)

"Il faut compter entre 8 et 10 ans pour arriver à un contrôle optimal du cynips par Torymus sinensis", explique Nicolas Borowiec, entomologiste dans l’équipe de l’Institut Sophia Agrobiotech* spécialisée en lutte biologique.  Le temps en fait que les Torymus sinensis soit en nombre suffisamment important pour se multiplier et se disperser naturellement, précise l'INRA sur son site.

Depuis la découverte du Cynips, ce sont près de 900 lâchers de Torymus qui ont été effectués partout en Corse. La profession espère un renouveau de production d'ici trois à quatre ans.

Pour aller plus loin, le reportage de Pierre Simonpoli, Christian Giugliano et Ramsey Kinany
>>> Voir la vidéo


La lutte contre le Cynips continue
Ludovic Biaggi, castanéiculteur à Murato; Carine Franchi, animatrice de la filière Castanéicole; Pasquin Flori, président du Groupement Régional des producteurs de châtaignes et de marrons de Corse

jeudi 15 octobre 2015

Cynips : Une nouvelle donation de la Brasserie Pietra pour sauver la châtaigneraie corse

Rédigé par Nicole Mari le Mercredi 14 Octobre 2015 - Source : www.corsenetinfos.corsica

La Brasserie Pietra a remis, le 14 octobre, à Murato, à la filière castanéicole, un chèque de 10000 € pour soutenir la lutte contre le cynips qui décime la châtaigneraie corse. Cette donation, qui s’inscrit dans un plan de financement quinquennal initié en 2013, atteint, globalement, 40 000 €. La Brasserie a, ainsi, aidé à financer 900 lâchers de Torymus sinensis, le prédateur du cynips, sur l’ensemble des châtaigneraies impactées. Une nouvelle campagne de lâchers est programmée au printemps 2016. Dans les zones traitées, les premiers résultats positifs sont déjà visibles. Dominique Sialelli, PDG de la Brasserie Pietra, explique, à Corse Net Infos, les raisons de ce partenariat. En vidéo, Jean-Yves Acquaviva, producteur et président du syndicat de l’AOP-farine de châtaigne, fait le point de la situation. Egalement le témoignage de Ludovic Biaggi, castanéiculteur de Murato.



Dominique Sialelli, PDG de la Brasserie Pietra, entouré des représentants de la filière castanéicole, sur l'exploitation de Ludovic Biaggi à Murato.

- Pourquoi avez-vous décidé de participer à cette opération de préservation de la châtaigneraie ? Est-ce pour préserver une matière première que vous utilisez ?
- Oui ! La bière Pietra est, effectivement, basée sur la farine de châtaigne. Nous en avons donc besoin. Depuis trois ans, nous sommes très alertés sur cette problématique qui se pose aux castanéiculteurs corses. Mais, ça va au-delà ! Voir le châtaigner menacé en Corse, c’est vraiment un pan de la culture, de l’histoire et de l’âme de la Corse qui est menacé. Notre participation a une dimension citoyenne. Nous essayons d’aider les castanéiculteurs à surmonter cette phase difficile qui durera, encore, quelques années.
 
- Donnez-vous là votre troisième chèque ?
- Tout à fait ! Nous avons établi un programme sur cinq ans pour donner 10 000 € par an. Nous l’avons accéléré l’année dernière parce qu’il fallait intensifier la lutte. Nous avons, donc, donné 20 000 €. Nous venons de remettre notre troisième chèque d’un montant de 10 000 €. Nous continuerons à aider le temps qu’il faudra. Nous serons là auprès des castanéiculteurs. Il n’y a pas de souci !
 
- Est-ce le manque de moyens des pouvoirs publics qui forcent, de plus en plus, les industriels corses à s’impliquer dans ce type d’opération ?
- Ce sont des actions complémentaires. Toutes les énergies doivent aller dans le même sens. Les Brasseries Pietra sont au cœur de cette problématique, donc nous intervenons. Des souscriptions ont été proposées aux citoyens. Beaucoup de personnes ont rejoint cette démarche. L’action des pouvoirs publics est une action de longue haleine. Des programmes ont été développés par l’ODARC (Office de développement agricole et rural de la Corse) pour aider les castanéiculteurs au niveau de leurs pertes d’exploitation.
 
- L’absence de châtaignes a-t-elle un impact sur la production de la Pietra ?
- Non ! Nous en utilisons plusieurs tonnes comme céréale de fermentation. La production actuelle ne représente que 30 à 35 % de la production normale, antérieur à la crise du cynips. Nous traversons, donc, une phase un peu critique, mais nous avons atteint le point bas de la crise. Nous commençons à voir les résultats de la politique de sauvegarde. Même si c’est un peu tôt pour l’observer sur le fruit, l’amélioration est déjà sensible au niveau du feuillage. Tous les producteurs, que nous rencontrons, nous disent qu’ils ont des espérances positives de voir, l’an prochain ou dans deux ans, la production remonter de manière significative.
 
- Ces proliférations de maladie sur des matières premières alimentaires génèrent-elles des changements de comportement chez les industriels ?
- Oui ! Nous vivons des périodes de grand dérèglement avec le changement climatique, la mondialisation des maladies et des bactéries. Quand nous avons la possibilité d’intervenir, comme nous l’avons sur le cynips, il faut le faire. Il faut lutter quand on peut. Avec la châtaigne, nous étions dans un cas de figure où nous pouvions participer à cette lutte. C’est différent de la xylella sur les oliviers. Je me mets à la place des producteurs d’huile d’olive ! Toucher, en Corse, au châtaigner, à l’olivier et à la vigne, c’est vraiment toucher aux fondements de la culture et de l’économie corses.
 
- Ces maladies, qui touchent le terroir, ont-elles un impact sur les comportements des consommateurs ?
- Les gens sont de plus en plus attirés vers des produits locaux, des produits de terroir, de qualité. La farine de châtaigne, c’est terroir ! L’huile d’olive, c’est terroir ! Les marchés sont bien orientés pour toutes ces catégories de produits en Corse. L’agroalimentaire corse de qualité se porte plutôt très bien dans tous les domaines.
 
- Comment se portent les Brasseries Pietra ?
- Ça va ! Comme il a fait chaud, ce fut une bonne année pour l’eau et la bière. Nous sommes en train d’agrandir nos unités de production et d’accroître nos capacités. Nous inaugurerons, en début d’année prochaine, une toute nouvelle ligne d’embouteillage.
 
Propos recueillis par Nicole MARI.



Jean-Yves Acquaviva, président du syndicat de l’AOP-farine de châtaigne :
« Il faudra 2 ou 3 ans pour retrouver une récolte à peu près normale »
Ludovic Biaggi, castanéiculteur à Murato : « Je suis confiant ! »
 

Remise du chèque


De nouveau des châtaignes

Dominique Sialelli

Premiers résultats
 


Lutte contre le cynips : Premiers bilans
 
Le cynips, qui est apparu dans l’île en 2010, s’est progressivement propagé sur l’ensemble du territoire, à l’exception de la région d’Evisa. 246 communes sont infectées dont 191 en Haute-Corse et 55 en Corse du Sud. Cette crise a provoqué l’effondrement de la filière AOP-farine de châtaigne avec des chutes récurrentes de productions allant de 50 % à 100 %. La production 2015 atteindra, comme en 2014, 34 tonnes contre 110 tonnes en 2010.
Le seul prédateur du cynips est le Torymus sinensis un parasite qui le neutralise en pondant, au printemps, ses œufs dans les galles vertes (loge du cynips). Des souscriptions, l’aide de l’ODARC et de partenaires privés, comme les Brasseries Pietra, ont permis de mettre en place un dispositif de lutte biologique. Quatre campagnes de lâchers de Torymus ont déjà eu lieu en 2011, 2012, 2013, 2014-2015. Au printemps 2016, est prévu un minimum de 300 lâchers. Sur les sites des lâchers de 2010, le taux de parasitisme atteint des records : 500 Torymus pour 1000 galles. Des améliorations de l’aspect général de l’arbre sont visibles : moins de galles, des feuilles saines, un feuillage plus dense et un début de récolte.


Toute personne ou entreprise souhaitant participer au programme de soutien à la châtaigneraie corse peut s’adresser au :

GRPTCMC ou Syndicat AOP Farine de châtaigne corse.

Tel : 06 70 06 50 45

grptcmc@wanadoo.fr

www.salvemuicastagni.org


dimanche 6 septembre 2015

Les chasseurs de Piedicorte sentinelles contre le cynips



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Inquiets face au cynips qui ravage la châtaigneraie de Piedicorte, les chasseurs et leur président Jean-Claude Vittori ont décidé de s'associer à l'action du groupement des castanéiculteurs.
Inquiets face au cynips qui ravage la châtaigneraie de Piedicorte, les chasseurs et leur président Jean-Claude Vittori ont décidé de s'associer à l'action du groupement des castanéiculteurs.Photo José Martinetti
La société de chasse du village de la Rogna a décidé d'aider le groupement des castanéiculteurs dans sa lutte. Elle rejoint ainsi d'autres bénévoles formés chaque année pour sauver la châtaigneraie insulaire
Ils avaient déjà remarqué des changements à l'automne dernier : des fruits moins abondants, très plats, des châtaignes de septembre déjà noires... Pas vraiment de bon augure.
Du coup, les chasseurs de sangliers de Piedicorte ont été particulièrement attentifs ces derniers mois. Ils ont observé les arbres, leurs fruits, leurs branches.
Et sont arrivés à une conclusion peu réjouissante : le cynips a déjà largement fait son oeuvre dans la châtaigneraie de ce village de la Rogna, au sud de la Castagniccia.
Conscients du problème, les membres de la société de chasse La Diane piedicortaise ont souhaité se rapprocher du groupement régional des producteurs et transformateurs de châtaignes et marrons de Corse. "Je les ai contactés en juillet, explique Jean-Claude Vittori, président de la société de chasse. Et nous avons d'ores et déjà convenu du principe que l'un de nous participerait à une formation biologique pour effectuer des lâchers de torymus sinensis."

Cynips : des châtaigniers replantés, une lueur d'espoir


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La fondation A Fundazione a récemment remis un chèque de 30 000 euros pour la replantation de châtaigniers.
La fondation A Fundazione a récemment remis un chèque de 30 000 euros pour la replantation de châtaigniers.Document Corse-Matin

Depuis son arrivée en 2010 depuis la Chine, l'insecte cynips a affecté les châtaigneraies de 246 communes de l'île. Parallèlement à la lutte biologique du torymus sinensis, 450 plants seront plantés chaque année jusqu'en 2020
La bataille contre le cynips n'est pas encore gagnée. Cinq ans après l'arrivée de cet insecte venu de Chine, le combat pour sauver les châtaigneraies corses s'attaque désormais à une autre phase : replanter. Ce sont 450 plants de châtaigniers qui seront remis en terre chaque année, et ce jusqu'en 2020, a détaillé le groupement régional des producteurs et transformateurs de châtaignes et marrons de Corse (GRPTCMC), à l'occasion d'un bilan de la campagne de lutte contre le cynips, vendredi dernier à Ajaccio.

"Le torymus s'acclimate bien à la Corse"

En partenariat avec les chambres d'agriculture de l'île, ces plants issus de la pépinière "territoriale" de Castelluccio ont la particularité d'être des variétés inscrites dans le cahier des charges de l'AOP farine de châtaigne corse. Mais, malgré tous ces efforts, le retour à la normale ne sera malheureusement jamais entier.
"On ne va pas faire disparaître le cynips. La production ne sera jamais comme avant. Il faudra vivre avec un équilibre", détaille Carine Franchi, animatrice du GRPTCMC, en marge de la réunion de bilan, où la fondation A Fundazione de la Caisse régionale du Crédit Agricole de la Corse a remis un chèque de 30 000 euros, correspondant au deuxième versement de la dotation de 90 000 euros qui servira en priorité à la replantation des châtaigniers.
L'ampleur des dégâts est clairement importante, tant pour le nombre de zones touchées que la vitesse à laquelle le cynips a progressé depuis son arrivée en 2010. Département le plus affecté, la Haute-Corse totalise 191 communes infestées sur 236 concernées, soit un pourcentage de 80 %. Quant à la Corse-du-Sud, pas moins de 55 communes, sur un total de 124, ont été attaquées par l'insecte, ce qui représente un taux 45 %. Avec une conséquence de taille : une filière entière a été mise à genoux.
Une bonne nouvelle, toutefois, dans ce tableau sombre : en réaction à la découverte de l'insecte qui pond ses larves dans les bourgeons du châtaignier, le plan de lutte contre le cynips commence aujourd'hui à porter ses fruits.

Xylella : les castanéiculteurs pour aider à la lutte ?


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Pasquin Flori fait la lutte contre le cynips dans l'île
Pasquin Flori fait la lutte contre le cynips dans l'îlePhoto N. K.

Alors que la prévention contre l'arrivée de la bactérie monte en puissance, Pasquin Flori fait le point sur la lutte contre les effets du cynips. Le président du groupement régional des producteurs de châtaignes se veut lucide et réaliste
Au cours de ces dernières années, on vous a souvent rencontré pour évoquer les effets du cynips sur la châtaigneraie. Quel est aujourd'hui l'état des lieux ?
L'apparition du cynips en Corse remonte à l'année 2010. Les premières exploitations indemnisées en raison des très gros dégâts, c'était deux ans plus tard. Elles étaient 12, dans le Nebbiu et l'Altu di Casaconi notamment. Dès 2013, 25 exploitations ont bénéficié de la mesure d'aide régionale que l'on a mis deux ans à bâtir avec l'Odarc. Cette année, plus de 50 producteurs sont indemnisés pour un montant cumulé qui s'élève à plus de 500 000 euros. Une aide qui ne s'adresse qu'aux castanéiculteurs qui produisent en AOP. Il s'agit d'une stratégie politique globale. L'Odarc soutient les signes de qualité vers lesquels on veut aller. Sur le précédent guide des aides, la filière avait versé une DJA maximale aux jeunes castanéiculteurs qui entraient en AOP ou en bio. On avait également minoré les taux d'intervention Odarc pour ceux qui n'avaient pas plus de 75 % de leur production en AOP. Il s'agit d'une incitation à la qualité, à la traçabilité, une philosophie qui a d'ailleurs été reprise par toutes les filières.
Certaines exploitations sont-elles encore préservées ?
Il y en a une vingtaine sur toute la Corse. En fait, elles sont touchées, mais pas encore véritablement impactées par les effets du cynips.
La saison castanéicole 2014-2015 semble avoir été marquée par une chute brutale de la production ? Dans l'impossibilité de trouver de la farine, le consommateur l'a en tout cas ressenti.
Un véritable effondrement. Notamment parce que les zones les plus fortement touchées correspondaient à la Castagniccia, à savoir un bassin de production encore considérable qui arrivait à un taux d'infestation maximal. Il n'y avait plus de farine disponible au mois de janvier. C'est devenu une denrée rare... Elle sera encore plus rare l'année prochaine. Je vous prends l'exemple d'une biscuiterie que nous livrons tous les ans en farine à raison de trois tonnes par an. Cette année, nous n'avons pas pu aller au-delà des 900 kg. Au-delà des seuls castanéiculteurs, c'est toute une économie qui est impactée. Ceci dit, la biscuiterie peut toujours faire ses produits aux amandes ou au chocolat au lieu de privilégier la farine de châtaigne. Mais nous, sans notre farine, nous sommes coincés. Nous n'allons quand même pas aller acheter notre matière première en Turquie.

dimanche 19 juillet 2015

Cynips : des châtaigniers replantés, une lueur d'espoir


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La fondation A Fundazione a récemment remis un chèque de 30 000 euros
pour la replantation de châtaigniers.
Document Corse-Matin

Depuis son arrivée en 2010 depuis la Chine, l'insecte cynips a affecté les châtaigneraies de 246 communes de l'île. Parallèlement à la lutte biologique du torymus sinensis, 450 plants seront plantés chaque année jusqu'en 2020

La bataille contre le cynips n'est pas encore gagnée. Cinq ans après l'arrivée de cet insecte venu de Chine, le combat pour sauver les châtaigneraies corses s'attaque désormais à une autre phase : replanter. Ce sont 450 plants de châtaigniers qui seront remis en terre chaque année, et ce jusqu'en 2020, a détaillé le groupement régional des producteurs et transformateurs de châtaignes et marrons de Corse (GRPTCMC), à l'occasion d'un bilan de la campagne de lutte contre le cynips, vendredi dernier à Ajaccio.

"Le torymus s'acclimate bien à la Corse"

En partenariat avec les chambres d'agriculture de l'île, ces plants issus de la pépinière "territoriale" de Castelluccio ont la particularité d'être des variétés inscrites dans le cahier des charges de l'AOP farine de châtaigne corse. Mais, malgré tous ces efforts, le retour à la normale ne sera malheureusement jamais entier.
"On ne va pas faire disparaître le cynips. La production ne sera jamais comme avant. Il faudra vivre avec un équilibre", détaille Carine Franchi, animatrice du GRPTCMC, en marge de la réunion de bilan, où la fondation A Fundazione de la Caisse régionale du Crédit Agricole de la Corse a remis un chèque de 30 000 euros, correspondant au deuxième versement de la dotation de 90 000 euros qui servira en priorité à la replantation des châtaigniers.
L'ampleur des dégâts est clairement importante, tant pour le nombre de zones touchées que la vitesse à laquelle le cynips a progressé depuis son arrivée en 2010. Département le plus affecté, la Haute-Corse totalise 191 communes infestées sur 236 concernées, soit un pourcentage de 80 %. Quant à la Corse-du-Sud, pas moins de 55 communes, sur un total de 124, ont été attaquées par l'insecte, ce qui représente un taux 45 %. Avec une conséquence de taille : une filière entière a été mise à genoux.
Une bonne nouvelle, toutefois, dans ce tableau sombre : en réaction à la découverte de l'insecte qui pond ses larves dans les bourgeons du châtaignier, le plan de lutte contre le cynips commence aujourd'hui à porter ses fruits.

Plus d'informations dans Corse-Matin du 19 juillet

vendredi 17 juillet 2015

Campagne de lutte contre le Cynips du Châtaignier : La situation s’améliore au fil des années

Rédigé par Charles Monti le Vendredi 17 Juillet 2015  - Source : www.corsenetinfos.corsica

Le cynips a fait des ravages ces dernières années. C’est la HautCorse qui en a payé un lourd tribut avec 191 communes infestées, soit 80% du territoire. La Corse du Sud a également été atteinte, avec plus de la moitié des communes touchées. 14 communes ont été touchées en 2014, 10 en 2015 contre 90 en 2013. Il semble que le Torymus, avec son adaptation insulaire redonne confiance aux producteurs Les mesures prises ont ainsi porté leurs fruits car le bilan est satisfaisant et permet de retrouver un équilibre.


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Hier matin, dans les locaux du Crédit Agricole de la Corse mis à la disposition du Fan lab (atelier de fabrication numérique), le directeur général de l’établissement régional, Guy Charbit et le directeur de la fondation d’entreprise « a fundazione » ont accueilli Pasquin Flori, président du Groupement Régional des producteurs et Transformateurs de Châtaignes et Marrons de Corse et Jacques Laurent, (vice-président) président du syndicat AOP Farina Castagnina Corsa.
Premier constat des spécialistes : la forte progression des torymus sur les galles de cynips. Afin de maintenir l’entretien de la châtaigneraie jusqu’au retour de la production, diverses mesures ont été prises pour aider les producteurs et notamment le versement d’une aide régionale d’un montant total de 541 331, 80 euros répartis en 46 opérateurs inscrits en AOP.
 
A Fundazione du Crédit agricole soutient le projet
La priorité aujourd’hui c’est de travailler à la replantation de 450 plants de châtaigniers par an, et ce jusqu’en 2020, avec des variétés inscrites dans le calendrier des charges de l’AOP Farina Castagnina Corsa :
- Maîtrise de la multiplication de variétés locales de châtaigniers
- Augmentation de la production de châtaignes corses
- Maintien du patrimoine variétal castanéicole
 
Il va sans dire qu’A Fundazione du Crédit Agricole de la Corse soutien fortement le GRPTCMC. Vendredi, au terme de la réunion, le directeur Général Guy Charbit a remis un chèque d’une valeur de 30 000 euros à Pasquin Flori, somme correspondant au deuxième versement de la dotation de 90 000 euros prévu sur trois années. Cela servira comme prévu aux replantations de châtaigniers. Opération qui s’est déroulée dans les locaux du Fab Lab d’Ajaccio qui a inauguré il y a quelques jours.
Ce lieu n’a pas été choisi au hasard  car cela a été l’occasion de mettre en valeur les deux dossiers majeurs et symboliques de l’action qui guide aujourd’hui a Fundazione : l’innovation et les nouvelles technologies avec la Fab lab, la préservation d’un patrimoine environnemental et le soutien à une activité économique comme le groupement. 
A Fundazione a été créée en 2010 par le Crédit Agricole de la Corse. Elle s’investit auprès d’acteurs régionaux oeuvrant uniquement sur le territoire géographique de la région, notamment dans les domaines de l’économie sociale et solidaire, du développement durable, de la culture et de l’innovation.
 
Le Groupement Régional en lutte permanente
Le Groupement Régional des Producteurs et transformateurs de Châtaignes travaille d’arrache-pied contre le Cynips du châtaignier dont le premier foyer a été repéré en 2010. Cet insecte originaire de Chine et ravageur spécifique du châtaignier, pond ses larves dans les bourgeons et l’on connaît à présent l’étendue de ses dégâts. La survie de l’arbre est ainsi mise en danger.
Pour lutter contre ce fléau, le Torymus Sinensis, seul moyen connu à ce jour. C’est une micro-guêpe. La femelle pond dans les jeunes galles encore tendre des cynips. Ses larves se nourrissent des larves de cynips empêchant le développement de sa population. Il faut donc procéder à des lâchers de Torymus au moment de leur accouplement et de la ponte des femelles au printemps.

Les résultats sont de plus en plus encourageants, c’est ce que nous a confié Pasquin Flori, le président : « Nous avons passé un accord de partenariat avec A Fundazione sur trois années. Ils ont trouvé le projet intéressant et de notre côté, nous leur avons expliqué la problématique et les dégâts causés par ce fléau. Raison pour laquelle ils ont soutenu ce projet jugé cohérent. »

- Vous avez littéralement pris le taureau par les cornes pour amorcer cette lutte ?
- En effet, et les résultats sont très bons. Lorsqu’on part avec des taux d’infestation de près de 100% avec des pertes de production atteignant les mêmes pourcentages dans le Nebbio ou Campile, ça fait effectivement très peur. Aujourd’hui, quatre ans après les premiers lâchers expérimentaux, ont commence à avoir de bon résultats, des petits retours de production. La guerre n’est certes pas encore gagnée, mais nous en prenons le chemin dans la mesure où selon les derniers relevés, les taux de prolifération de torymus sont assez exceptionnels et cela est réconfortant. »
J. F.